Réponse rapide : l'OMS classe le burn-out comme un phénomène lié au travail, pas comme une maladie, et réserve le terme au contexte professionnel. La dépression est une maladie, et elle ne se limite pas au travail. La question la plus discriminante porte sur le périmètre : l'indifférence s'arrête-t-elle à la porte du bureau, ou couvre-t-elle tout ? Si elle couvre tout, ou si elle dure depuis plus de deux semaines la majeure partie de la journée, arrêtez de trier des catégories et consultez.

La question revient sans cesse, et on y répond en général par un tableau bien net qui exagère la netteté de la frontière. La version honnête est plus floue : les deux concepts se recouvrent largement, beaucoup de gens correspondent aux deux descriptions, et la limite relève d'un jugement clinique plutôt que d'une checklist.

Cela ne rend pas la question inutile — cela change ce à quoi elle sert. Vous ne cherchez pas à poser un diagnostic. Vous cherchez à savoir si la situation se gère par la charge et la récupération, ou si elle doit être portée à un professionnel.

Ce que dit la classification

Dans la CIM-11, le burn-out (QD85) est décrit comme un syndrome résultant d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès, selon trois dimensions : épuisement, distance mentale ou cynisme envers le travail, et perte d'efficacité professionnelle. L'OMS est explicite sur deux points : ce n'est pas classé comme une maladie, et le terme ne doit pas s'appliquer à d'autres domaines de la vie.

La dépression, à l'inverse, est une maladie avec des critères cliniques, et rien en elle n'exige un emploi. Cette différence de statut a des conséquences pratiques : aucun instrument validé ne vous dira que vous « avez un burn-out », alors que la dépression, elle, peut être évaluée et traitée.

Les questions qui discriminent le mieux

Question Oriente vers le burn-out Oriente vers la dépression
Où s'applique l'indifférence ?Surtout au travail. Les week-ends et les proches touchent encore, même faiblement.Partout. Ce que vous aimiez fait le même effet que ce que vous n'avez jamais aimé.
Que se passe-t-il en vraies vacances ?Un soulagement réel, qui s'estompe quelques semaines après le retour.Peu de changement. La coupure ne l'atteint pas.
Comment parlez-vous de vous ?« Ce travail n'a aucun sens. » Cynisme dirigé vers l'extérieur.« Je ne vaux rien. » Culpabilité et dévalorisation dirigées vers soi.
Y a-t-il une charge identifiable ?Oui — des mois d'horaires, de conflit, sans marge ni soutien.Souvent aucune, ou sans proportion avec elle.
Tableau physiqueÉpuisement, mauvais sommeil, tension.Aussi : variations d'appétit et de poids, réveils précoces, ralentissement.
Idées de se faire du mal ?Ne fait pas partie du concept.Possible — et raison de demander de l'aide immédiatement.

Lisez ce tableau comme un faisceau de tendances, pas comme une procédure de décision. Plusieurs lignes peuvent pointer dans des directions opposées, et c'est normal.

Pourquoi le recouvrement est réel

Épuisement, sommeil dégradé, humeur basse, irritabilité, difficultés de concentration, perte de plaisir : tout cela figure dans les deux descriptions. Le chevauchement entre burn-out et symptômes dépressifs est bien documenté dans la littérature, et c'est l'une des raisons pour lesquelles le burn-out n'a pas de critères diagnostiques cliniques dans la CIM-11.

Ils partagent aussi un canal causal. Le stress professionnel chronique non géré n'est pas un décor neutre : c'est l'un des contextes dans lesquels des symptômes dépressifs peuvent se développer. « Un burn-out devenu dépression » n'est donc pas une erreur de catégorie, c'est une trajectoire fréquente — et la raison pour laquelle attendre coûte cher.

Ce que la réponse change

Arrêtez l'auto-évaluation si l'un de ces points est vrai

Ces signaux ne sont pas subtils, et aucun ne justifie de collecter deux semaines de données supplémentaires :

La Haute Autorité de Santé a publié des recommandations cliniques sur le repérage et la prise en charge du syndrome d'épuisement professionnel, incluant le diagnostic différentiel avec les troubles dépressifs. Elles s'adressent aux médecins, et elles existent précisément parce que cette distinction est clinique.

Où une app de suivi a sa place — et où elle ne l'a pas

Pulse mesure des conditions associées au stress chronique : sommeil, VFC, fréquence au repos, activité, usage du téléphone, horaires, et ce que vous déclarez ressentir. Elle peut montrer qu'une charge s'accumule et que la récupération ne se fait plus. C'est réellement utile tôt, au stade de la dérive.

Elle ne peut pas vous dire si vous êtes en dépression, et elle n'essaie pas. Aucune application grand public ne le peut. Si votre lecture de cette page a été « une bonne partie de la colonne de droite, c'est moi », l'étape suivante est une personne, pas un graphique.

Suivre la charge, pas l'étiquette

Pulse suit les signaux associés au stress chronique et montre quand ils dérivent — sans prétendre diagnostiquer quoi que ce soit.